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Par GéHa dans Les textes à lire à écouter le 24 Janvier 2012 à 17:45

Je vous écris d'un matin comme tous les autres matins.
On croit cela, que tous les matins se ressemblent.
Passage de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière,
du sommeil au réveil, du rêve au réel.
Passages obligés,
quotidiens, tellement banals.
Et pourtant, si différents:
une faible lueur derrière les lauriers,
un merle au pied des rosiers,
l'humidité sur les chaises oubliées au milieu de la terrasse,
les dernières feuilles du tilleul
accrochées de toute leur faible force
au bout d'une branche,
un ciel rempli de vent et de pluie,
une lune plus blanche qu'un nuage...
Il suffit d'observer et tout change,
en nous et hors de nous.
On ouvre la porte du jour,
on prend le temps de déverrouiller son regard
pour qu'il s'arrête
devant ce qu'il a l'habitude de rencontrer:
un brin d'herbe, un sourire, un caillou,
un arbre, un mot, une fleur ou un cri.
Alors, chaque matin tout peut arriver.
Version audio :
extrait de Gayatu Mantra de Masood Ali Khan
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Par GéHa dans Les textes à lire à écouter le 20 Janvier 2012 à 20:41

Il y a dessous nos semelles
le poids invisible de l'horizon
cet infini tremblement du ciel
dans les yeux d'une chanson.
Un extrait de chant diphonique pour accompagner ce texte :
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Par GéHa dans Les textes à lire à écouter le 30 Décembre 2011 à 20:29

Trois morceaux de bois
Sur les braises de la nuit
La journée s'enflamme.
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Par GéHa dans Les textes à lire à écouter le 6 Novembre 2011 à 19:31

Peinture de Jacques Dominioni
Lente cérémonie de l'endormissement
avant l'abandon
quand une solitude assourdissante
étale ses nuits d'insomnie
aux portes de la vieillesse
un pied sur le sable sucré des plages
l'autre sur le frisson des vagues
et les yeux dans un rêve
déshabillé d'enfance
fragile rideau de papier
brouillon brouillé
emporté au fil d'un fleuve secret
ne restent que quelques gouttes
ici ou là-bas
entre les lignes brisées
d'un désir d'ivresse
alors, les mots, chauffés à blanc
qu'ils sortent
qu'ils éclatent
en folle et froide colère
à croquer jusqu'au sang
en rage tremblante
sur la chair rouge de la toile
qu'ils grincent, crachent et grimacent
à la gueule du monde
une dernière fois.
Version audio :
Extrait de ballade pour piano n°2 de Chopin - Vlado Perlmuter.
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Par GéHa dans Les textes à lire à écouter le 6 Novembre 2011 à 16:52

Loin du port,
mes pas se perdent dans le sable.
J'attends longtemps le passage du bateau
pour traverser la rivière.
Couché dans les feuilles mortes,
je franchis la barrière
la forêt disparaît dans le ventre de la tempête.
Mon regard déchire les barbelés du ciel;
s'envole dans le vent rouge d'un orage.
Version audio :
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