• Je vous écris d'un matin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je vous écris d'un matin comme tous les autres matins.

    On croit cela, que tous les matins se ressemblent.

    Passage de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière,

    du sommeil au réveil, du rêve au réel.

    Passages obligés,

    quotidiens, tellement banals.

    Et pourtant, si différents:

    une faible lueur derrière les lauriers,

    un merle au pied des rosiers,

    l'humidité sur les chaises oubliées au milieu de la terrasse,

    les dernières feuilles du tilleul

    accrochées de toute leur faible force

    au bout d'une branche,

    un ciel rempli de vent et de pluie,

    une lune plus blanche qu'un nuage...

    Il suffit d'observer et tout change,

    en nous et hors de nous.

    On ouvre la porte du jour,

    on prend le temps de déverrouiller son regard

    pour qu'il s'arrête

    devant ce qu'il a l'habitude de rencontrer:

    un brin d'herbe, un sourire, un caillou,

    un arbre, un mot, une fleur ou un cri.

    Alors, chaque matin tout peut arriver.


    Version audio :

     extrait de Gayatu Mantra de Masood Ali Khan

     
     

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  • En marche...














    Il y a dessous nos semelles

    le poids invisible de l'horizon

    cet infini tremblement du ciel

    dans les yeux d'une chanson.


    Un extrait de chant diphonique pour accompagner ce texte :


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  • Feu

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Trois morceaux de bois

    Sur les braises de la nuit

    La journée s'enflamme.

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  •  

    La nuit est venue

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Peinture de Jacques Dominioni 

     

    Lente cérémonie de l'endormissement

    avant l'abandon

    quand une solitude assourdissante

    étale ses nuits d'insomnie

    aux portes de la vieillesse

    un pied sur le sable sucré des plages

    l'autre sur le frisson des vagues

    et les yeux dans un rêve

    déshabillé d'enfance

    fragile rideau de papier

    brouillon brouillé

    emporté au fil d'un fleuve secret

    ne restent que quelques gouttes

    ici ou là-bas

    entre les lignes brisées

    d'un désir d'ivresse

    alors, les mots, chauffés à blanc

    qu'ils sortent

    qu'ils éclatent

    en folle et froide colère

    à croquer jusqu'au sang

    en rage tremblante

    sur la chair rouge de la toile

    qu'ils grincent, crachent et grimacent

    à la gueule du monde

    une dernière fois.


    Version audio :


    Extrait de ballade pour piano n°2 de Chopin - Vlado Perlmuter.

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    Vent rouge

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Loin du port,

    mes pas se perdent dans le sable. 

     

    J'attends longtemps le passage du bateau

    pour traverser la rivière. 

     

    Couché dans les feuilles mortes,

    je franchis la barrière

    la forêt disparaît dans le ventre de la tempête. 

     

    Mon regard déchire les barbelés du ciel;

    s'envole dans le vent rouge d'un orage. 

     

    Version audio :


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