• Les textes à lire à écouter

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ne plus tricher

    ne pas penser

    à l'ombre terne

    au dernier souffle

    ni aux graviers

    dans les allées

    non

    juste  marcher

    d'un pas plus long

    pour arriver

    tout feu tout flamme

    dans la lumière

    équilibrée

    endimanchée

    oui

    endimanchée

    comme un premier

    communiant

    qui joint les mains

    sans faire semblant

    et attendre

    je veux attendre

    une nuit moins noire

    ou un soleil

    un peu plus jaune

    attendre un rire

    à l'intérieur

    du cœur humide

    de la vieillesse

    et des rêves

    en devenir

    attendre ce qui

    finira bien

    par arriver

    être dans un

    état de grâce

    perpétuelle

    innocent et

    consolé de

    tous les gris

    et des noirceurs

    de la vie.

     

    Version audio :

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  • Les textes à lire à écouter



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Si tu étais le ciel

    je grimperais à l'échelle

    et je décrocherais tes étoiles.

     

    Si tu étais l'étoile

    je serais la nuit la plus noire

    pour que tu puisses y briller.

     

    Si tu étais la nuit

    je serais la lune ronde et folle

    entre les nuages incertains.

     

    Si tu étais la lune

    je serais le chien qui hurlerait

    des mots d'amour inconnus

     

    que toi seule comprendrais.

     

    Version audio

     

    Extrait de "Ismaley" de Balakirev - Piano : Julius Katchen (Decca)

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  • Les textes à lire à écouter

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Maitre absolu du silence

    je me tais

    je me terre dans mes évidences

    je joue avec ma peau

    mal fagotée

    qui froidement craquelle dans l'aventure

    -pas téméraire la garce-

    je laisse les forts en gueule

    occuper l'espace des autres

    oui je me tais je me terre

    et me vautre

    divinement emmitouflé

    dans le creux douillet de mes absences

    j'écoute le bruit que cela fait

    et ça me suffit

    faut-il attendre autre chose?

     

    Version audio :

     

    Extrait de "Hungarian Rhapsody" de Lizt - Piano : Julius Katchen (Decca)

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  • Les textes à lire à écouter

     

    Il y aurait sur la table quelques éclats de lumière.Nous serions assis tous les deux l'un en face de l'autre. Nos yeux accrocheraient les pétales des roses que je t'aurais cueillies dans la brume du matin. Nous habiterions la même transparence. Sans dire un seul mot, sans bouger nos reflets, sans frémir d'un parfum, nous serions dans la plus simple des reconnaissances.

     

     

    Version audio :

     

    Extrait de "Islamey" de Mili Balakirev - Piano : Julius Katchen (Decca)

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  • Les textes à lire à écouter

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le silence était blanc et marchait sur la neige

    mon esprit voltigeait au milieu des flocons

    rien d'autre à faire que rester sur cette chaise

    guetter le temps passant au creux de l'horizon.

     

    Mes yeux se sont fermés emportant la fenêtre

    j'ai laissé la froidure engourdir mes frayeurs

    des lambeaux de mémoire ont trouvé leur jeunesse.

     

    J'ai revu les chemins que je prenais parfois

    lorsque les grands arbres envahissaient les champs.

     

    J'ai marché dans un rêve comme sur de la soie.

     

    J'avais sur les lèvres

    un gout de pain d'épices

    et de feu de bois.

     

    Je sentais mille présences

    douces et tendres

    autour de moi.

     

    C'est alors

    que je me suis envolé

     

    dispersant sur mes traces

    une myriade de pointillés

    accrochés aux étoiles.

     

    Version audio :

     

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  • Par la fenêtre le balancement imperceptible de la feuille de noisetier

    qui hésite encore à rejoindre ses sœurs mortes sur l'herbe gorgée de pluie.

     

    En nous le ronronnement régulier des souvenirs,

    barbouillis monotone de la mémoire

    pour occuper nos silences d'automne.

     

    On ne sait rien de ces tempêtes qui finiront bien par nous emporter.


    Les textes à lire à écouter

    Peinture de Claire Fauchard

     Version audio

     

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  • Voilà. Il faut dire « voilà » quand quelque chose est terminé. Je ne sais pas si quelque chose se termine, là, maintenant ; mais, voilà, je dis voilà comme sur France Culture lorsqu’un artiste est interrogé sur son œuvre. Toujours ils veulent savoir les pourquoi, les comment ; mais l’artiste, il ne sait pas, alors il dit voilà et cela devrait suffire. Ce voilà veut dire regarde ce que je fais , ce que je dessine, ce que j’écris, ouvre les yeux, les oreilles j’ai enlevé le voile, je me suis mis à nu, cela est ; vois là ! c’est tout, voilà, et quelque chose est sans doute terminé, pour que quelque chose d’autre commence...


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  •  

    Un jour j'écrirai un poème qui aura pour titre

    lumière consolée

    ou soleil bleu

    ... peu importe !

     Les textes à lire à écouter

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il y aura des chaises endormies

    dans la nuit à l'écoute

    la lumière aura perdu ses ombres.

    Nous serons sans parole

    nos mains caresseront les pages

    de cahiers inachevés.

    Il y aura le cri de la terre humide

    sous l'orage

    et le chant tremblant

    des tilleuls.

    Il y aura le parfum assoiffé des roses

    au bord de ton jardin

    Il y aura la trace de tes pas

    entre les vagues de ma mémoire.

    Il y aura les reflets d'un rire

    tout en haut de l'escalier.

    Il y aura encore du sable

    au creux de nos mains

    et quelques notes de piano

    à l'horizon du fleuve.

    Il y aura

    un temps étrange

    et long.

     

    Un jour j'écrirai

    et j'aurai dans les mains

    des milliers de mots

    que je lancerai à tout vent.

    Ils finiront bien par faire un poème.

     

    Version audio :

     

    Extrait de "Ten Chi"  de René Aubry - Mémoires du futur.

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  •  

    Une nuit j'écrirai un poème qui aura pour titre

    remue-méninges

    ou ménage... ou manège

    ... peu importe !

    Les textes à lire à écouter 








    Il fera un temps d'oiseau sans plume

    un temps de plomb.

    J'aurai, lourds sur l'épaule

    deux ou trois mots sauvages et dévergondés

    gambadant tels bouillants chevaux

    dans la folle inconséquence de leur jeunesse.

    Je frapperai de mon poing vengeur

    toutes mes vieilles galères

    envasées sous le sable d'un fleuve bohémien.

    Saoulé de rouges effusions

    je deviendrai fragile bateau de papier

    ondulant sur les rides d'un trottoir.

    Je m'accrocherai, m'entortillerai

    sous la brume d'un réverbère

    et je parlerai, chanterai, crierai

    à la lune incertaine :

    "Va, ma belle, abandonne la terre

    à ses marées, à ses marins

    libère toi de notre pesanteur

    ravale tes croissants

    pas de quartier!"

    Avec elle je me mêlerai aux anciennes étoiles

    de ma mémoire en sommeil.

     

    Une nuit j'écrirai un poème

    et la lune aura quitté

    l'œil de mes nuits.

     

    Version audio :

     

    Extrait de "Clair de lune" (suite bergamasque) Debussy - Zoltan Kocsis au piano

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  • Un jour j'écrirai un poème qui aura pour titre

    l'ombre s'échappe

    ou cheval fatigué

    ... peu importe !

    Les textes à lire à écouter 








    Je n'aurai plus rien à dire

    à ceux qui pensent pour nous

    qui prient pour nous

    et veulent à tout prix

    nous sauver.

     

    Je n'aurai plus rien à dire

    à ceux qui ont trouvé les réponses

    aux plus profonds des mystères

    de la vie

    et qui nous assomment avec

    leur vérité.

     

    Je n'aurai plus rien à dire

    à ceux qui marchent, hagards

    dans les longs corridors

    de leur souffrance

    et qui pensent ainsi profiter

    d'un paradis à venir

    sans flamme

    et sans artifice.

     

    Je n'aurai plus rien à dire

    aux bons et aux mauvais samaritains

    qui se déchirent pour un dieu

    unique et différent

    suivant le nom de leur pays

    ou la couleur de leur peau.

     

    Je n'aurai plus rien à dire

    aux innocents ou hypocrites

    qui acceptent la misère et l'injustice

    en étant persuadés qu'ici bas

    tout est mérité.

     

    Rien à dire, plus rien.

    Un jour j'écrirai un poème

    et je laisserai mon âme fatiguée

    de vivre et d'aimer

    se terrer sous les graviers.

     

    Version audio

     

    Extrait de "Signes" - René Aubry

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