• Questions

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Avec cette actualité, on n’arrête pas de se poser des questions qui ne sont jamais traitées dans « Le téléphone sonne » de France Inter ?

    - Christophe va-t-il rejoindre la longue liste des chanteurs morts, comme Charles Aznavour, Renaud, Anne Vanderlove, Françoise Hardy, Marie Laforêt, Mireille Mathieu, Michel Sardou, Claude François, Florent Pagny…etc ?

    - Et bien voilà, c'est fait, Christophe a été emporté dans le courant de ses "maux" bleus.

    - Est-ce que je vais recommencer à fumer si je ne meurs pas du coronavirus ?

    - Oui ! des cigares !

    - Y a-t-il encore des bombardements en Syrie…?

    - Quelques tentatives de cessez le feu, mais le plus souvent, dans les régions en guerre, le covid19 arrive comme une double peine pour les populations.

    - Castaner va-t-il accepter des manifestants avec un masque de protection ?

    - Non ! Mais on descendra quand même dans la rue pour que ce monde change vraiment.

    - Les habitants de Gaza sont-ils encore plus confinés maintenant avec la crise du coronavirus ?

    - La population de Gaza sait comment faire face aux crises existentielles. Personne n’a dévalisé les magasins pour faire des réserves. Les gens ont grandi avec des couvre-feux, et la solidarité et la créativité ont toujours eu une valeur particulière. "Il est maintenant presque plus facile pour nous de faire face à cette situation peu familière que pour vous, Européens", déclare l’avocat Sharhabeel Al Zaeem. "Mais en vérité, c’est plutôt triste d’en être là." article de Alexandra Senfft (UJFP)

    - Si les médicaments pour soigner le paludisme sont efficaces contre le coronavirus, quand seront-ils vraiment efficaces contre le paludisme ?

    - S'ils soignent efficacement le Covid19, tant mieux pour les Africains car ils ne risquent pas la pénurie !

    - Pourquoi je ne crois pas ma banque lorsqu’elle me dit dans son dernier message : « prenez soin de vous » ?

    - Je ne crois pas mieux mon assureur, Enedis, Orange, ...

    - Pourquoi nos politiques et nos économistes parlent-ils du monde d’après maintenant alors qu’ils n’ont qu’une idée en tête : revenir au monde d’avant ?

    - Je sais pourquoi...

     


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  • Abécédaire du confinement (A...I)

    A    Alerte

    Les arbres gazouillent, le ciel est silencieux et nous dormons dans des draps propres, alors pourquoi tout ce branle-bas ? Cet ennemi imperceptible serait-il si puissant que notre bonheur pourrait se perdre sur les chemins que nous avons dressés ?

     

    B     Bloqué

    Toujours devant nous se dressent barbelés et frontières, murailles et barricades. La terre nous serait-elle étrangère ?

     

    C   Courage

    Nous sommes loin des autres, les yeux éraflés, sans personne à regarder mais nous aurons le courage des jours ordinaires dans la solitude de  nos tanières.

     

     Démuni

    Le vent fou, témoin de nos impuissances, souffle sa rage autour de nos maisons. Il n’aura pas notre peau car nous restons calfeutrés dans les grands bras de l’espérance.

     

    E     Engagé

    Le bateau craque, gémit. Au bord du naufrage il résiste à la dérive. Il avance. Bientôt l’invisible sera derrière nous.

     

      Fragile

    Quand les matins se réveillent nous sommes nus, portant sur le dos les enfants de la nuit et au creux de nos mains la délicatesse éphémère d’un bonheur.

     

    G  Gratitude

    Aux gens qui n’ont pas de Rolex, à toutes celles et tous ceux qui ne sont rien, on offre la douceur d'un ciel à l’aube d’un matin bleu.

     

    H  Humble

    Nous attendons sans rien faire, que prenne fin cette vague grise et froide, implorant dans des églises vides un Dieu qui n’existe pas.

     

    I       Invisible

    Là-bas, tout au bout de l’allée, un brouillard opaque pèse sur nos épaules. Rêverons-nous encore longtemps d’un monde où la terre serait docile ?

     

     .../...


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  • Abécédaire du confinement (J...R)

    J      Jardin

    Nous cueillerons des mots plus brûlants que le soleil avant de les lancer à la gueule de la mort.

     

    K    Kérosène

    Le ciel a perdu ses traînées blanches. Plus de délestage de kérosène. L’atmosphère a retrouvé une belle gueule d’atmosphère. Pourvu que ça dure !

     

    L     Laboratoire

    Même si la pilule est difficile à avaler, tombons nos masques et buvons ce flacon jusqu’à l’ivresse !

     

    M    Moral

    Nous gardons au fond des poches de tout petits cailloux blancs, évocations lointaines d’une enfance sans doute heureuse. « Les mauvais jours finiront » chantait Jean-Baptiste Clément il y a 150 ans !

     

    N     Nature

    La rose n’obéit pas à la peur. Elle aime la complainte apaisée d’un crépuscule, le murmure discret de la source, les rires et les pleurs d’un enfant et le regard amoureux du jardinier.

     

    O     Ordinateur

    Nous sommes, parait-il, dans le « big data » à la merci des algorithmes. On veut nous mettre en équation, nous faire avaler chiffres, comptes et décomptes. Résistons. Continuons à partager au lieu de diviser.

     

    P     Peur

    Nous avons du soufre au cœur et pas de braises sous les cendres. Quand la parole va-t-elle franchir l’armure de nos angoisses ? 

     

    Q     Quarantaine

    Retour au Moyen Âge, mais nous ne sommes pas tous dans le même bateau.

     

    R     Reconnaissant

    Quand le virus s’essoufflera, plus question de tricher ou de faire semblant, le monde politique commencera enfin quelque chose de plus grand avec vous tous les soignants.

    .../...


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  • Abécédaire du confinement (S...Z)

    S     Seul

    Le soir se déshabille. Nos yeux débordent par la fenêtre. Les arbres ont des soupirs ensommeillés.

     

    T     Tendresse

    Un mot d’amour posé sur la table nous rappelle les heures qui dansent sur des voyages inachevés.

     

    U     Univers

    Imaginer un monde peuplé d’humanité avec un cœur qui palpite de toutes ses couleurs, même s’il faut claquer des portes.

     

    V     Vivant

    De temps en temps nous mettrons les pieds dans le plat, ne cacherons plus nos anciennes nudités et, parfois, sachez le bien, nous sortirons les griffes.

     

    W    Week-end

    Les jours sans travail, les jours sans facture, les jours sans église, comme les jours sans textos « prenez soin de vous » …sont une bénédiction.

     

    X    Xinxiang

    Après avoir compté les lunes prisonnières, nous fêterons comme les Chinois, le vrai printemps. Nous allumerons les lanternes et collerons des poèmes sur les portes.

     

    Y     Yoyo

    On ne sait plus s’il faut pleurer sur les jours captifs ou chanter les heures chaudes à venir. Une chose est certaine, nous sommes affamés d’amour.

     

    Z     Zone

    Balisés, limités, protégés, interdits, nos chemins suivent les sens giratoires, nous condamnant à tourner en rond… sans oublier de vivre, car rien d’autre n’est possible.

     

     

    Point final 

    Quand nous aurons résisté à la dérive, ressemblant à ces rochers que l’on croit immobiles, nous jetterons l’encre sur le bleu de nos vie avec des mots entortillés dans nos étreintes. Nous préparerons une grande flambée de paroles libres et, autour d’un grand verre de vin, de bière ou de ce que vous voudrez, nous regarderons les hirondelles faire danser l’horizon.

     


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  • Forcément

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    plus le temps passe

    et plus ça gratte

    les souvenirs

    acné de la vieillesse

    faut pas frotter la peau

    des étincelles

    forcément

    ça remonte

    à la surface

    comme le méthane

    sous la vase

    et ça éclate

    forcément

     


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  • L'arbre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    À toi

    qui aime me regarder et effleurer mon tronc

    entendre le tremblement de mes feuilles

    t’endormir l’été dans mon ombre

    écoute ce que j’ai à te dire :

     

    Je suis la caresse d’un temps invisible

    un souffle murmuré

    Je te traverse

     

    Je suis la lumière d’une aube infinie

    la flamme sans le feu

    Je te réchauffe

     

    Je suis le chant de la source, le chuchotis des fontaines

    la danse des racines dans les entrailles de la terre

    Je te préserve et te nourris

     

    Je suis la colère impénétrable des océans, la douleur abyssale des tempêtes

    et l’esprit du vent accroché à mes branches

    Je t’apaise et te soulage

     

    Je suis la fleur et la pierre, une pensée volatile au creux de tes mains

    les paroles tendres et maladroites des amants

    l’innocence absolue de l’enfance

     

    Je suis ton voyage originel parmi les mots

    Laisse moi te guider.

     


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    Un jour...

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un jour j’écrirai un poème

    qui aura pour titre « En route »

    ou « Adieu », peu importe !

    On prendra la voiture

    et on partira au hasard des routes

    le soleil nous regardera

    à travers ses rayons bleus

    et la pluie brillante et douce

    s’effilochera sur les vitres du paysage

    On roulera sans fin

    le bruit du moteur couvrira

    le ronronnement de nos paroles

    Je te dirai que je ne voudrais pas crever

    sans savoir si la vie est inusable

    Nous parlerons longtemps

    pendant que les maisons, les arbres et les collines

    défileront, impassibles, indifférents

    Puis la nuit viendra

    inexorablement

    nous obligeant à chercher

    l’éclat d’un abri

    Nous n’aurons aucune crainte

    car nous serons dans la plus grande innocence

    Et je te dirai que je ne voudrais pas mourir

    sans avoir gommé toutes les frontières

    effrité toutes les limites

    renversé toutes les barrières

    Tu voudras la même chose

    mais je n’en serai pas certain

    Alors je te regarderai

    je te dirai un poème vagabond

    et une larme séchera sur ta joue.

      


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    Il était quelque part

    sur le quai d’une gare

    une foule interminable

    accrochée à ses roulantes valises

    impossible de garder les yeux immobiles

    bourdonnement sourd de mots mal compostés

    où la mélancolie se disperse et se perd.

     

    Des regards s’accrochent, s’accouplent, en se croisant.

    « Sublimez l’instant », affiché sur une publicité pour San Pellegrino.

    Jeune femme avec un sac en papier

    où est écrit « les 100 ans de la culotte »

    échange de sourires fugaces mais vrais.

     

    S’asseoir

    espace réservé aux voyageurs connectés

    du silence derrière les écouteurs

    les yeux cherchent de prochains départs.

     

    En transit

    dans les tuyaux de ce grand intestin.

     

    Trois policiers, gilets pare-balles, armes à la ceinture

    contrôle d’identité

    jeune homme bien tranquille

    n’a pas la bonne couleur de peau

    mais une belle gueule de sans papier, de suspect

    de terroriste, de djihadiste, de complotiste…

    alors lui, jeune homme bien tranquille

    tellement habitué, reste poli, présente ses papiers

    aux policiers qui ne trouvent rien à redire.

     

    Jusqu’à quand va-t-il rester bien tranquille le jeune homme

    dans ce pays qui ne le prend pas pour un de ses enfants ?

     

    Jusqu'à quand allons-nous accepter cela ?

     

     


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    Je voudrais simplement

    j’insiste, simplement

    une jolie maison au bord de quelque chose

    mais pas trop au bord quand même - il faut laisser de l’espace libre pour que jouent les enfants, qu’ils se mélangent, chantent et crient avec les oiseaux - au bord d’un quelque chose qui ressemblerait à une mer bleue et transparente sans plastique, sans déchets, sans trainée de pétrole

    une mer farouche remplie de poissons et de belles histoires de sirènes, de voyages

    dans cette jolie maison il y aurait

    des gens ordinaires qui auraient un peu peur de l’amour

    une très vieille dame entourée de petits chats gris comme ses yeux

    il y aurait aussi une petite fille déguisée en princesse avec des larmes brillantes dans ses cheveux

    quelques poèmes accrochés dans un grand bouquet d’herbes sauvages

    plusieurs verres de vin blanc sur la toile cirée de la table de la cuisine

    des paires de pantoufles toutes mélangées au pied d’un escalier en pierre

    une fenêtre ouverte sur un jardin couvert de fleurs où se reposerait une très belle et troublante inconnue avec un chapeau jaune et noir

    et devant la porte de la maison il y aurait

    un cheval boiteux et sa petite carriole pleine de foin

    un arbre blanc, très haut, doucement balancé par le vent et l’on percevrait à travers les branches la chanson de Léo Ferré « Avec le temps »

    au loin on remarquerait une colline verte entourée d’un nuage de rêves sombres et mal réveillés

    et plus loin encore, mais on ne la verrait pas, il y aurait la misère, en train de bouffer sa soupe (et sa colère) froide et ça ferait des grands slurp comme dans la chanson de Jacques Brel, mais on n’entendrait rien, trop occupés que nous serions à déguster notre foie gras après avoir déballé nos cadeaux inutiles.

    Finalement, j’insiste,

    finalement, je ne la voudrais pas cette jolie maison !

    Je crois que je vais retourner avec celles et ceux qui font du bruit en avalant leur soupe et leur colère (jaune... et noire !).

     

     


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  •  La peau du temps

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vieux, très vieux

    peau creusée par le temps

    peau flasque qui s’écroule

    se souvient

    de tout ce qui a été dévoré

    par les chiens au fil des années.

     

    Vieux, très vieux

    avec des mots tordus

    mort-murés

    dit des choses qui inquiètent

    oblige à regarder la mort

    exactement

    précisément notre mort

    qui se tient sur le seuil.

     

    Regardez-le

    un souffle

    et il s’envole

    dans la lumière ou l’obscurité

    on ne sait pas

    on ne saura jamais.

     

    Pleurez si vous voulez

    si vous pouvez

    larmes ou caresses

    ne changeront rien

    il y aura des soirs

    il y aura des matins

    anéantis

    engloutis.

     

    En rire

    encrer encrier

    écrire la nuit avenir

    ravalement de façade

    mais voir les oiseaux

    se fracasser sur nos vitres

    teintées d’inconscience

    abandonner les mots insignifiants

    jeter la parole

    sur des sentiers impraticables

    ici ou ailleurs

    quelque chose de noué

    dans la gorge

    langue étrangère

    noyée en mer des sarcasmes.

     

    Et aussi, aussi

    nous serons nus

    sans autre peau que la colère

    colère de passage

    attrape nigauds

    immense chagrin

    dans les yeux bleus

    d’un ciel sauvage.

     

    Mais surtout, surtout

    nous pourrons peut-être

    chanter dans les cimetières

    mariner entre les tombes

    en compagnie des particules

    entre jouissance et mélancolie

    partager la folie du vent

    sur nos épaules

    endormies

    en ouvrant les plis de nos rêves.

     

    Et encore, encore

    même si l’improbable est certain

    il sera toujours temps d’apprendre

    le sable et la vague

    la cicatrice et la plaie

    l’ombre et le feuillage

    la pluie et le sanglot

    la mort et l’horizon

     

    Et puis enfin, enfin

    une vieille femme dans la neige

    ses yeux comme deux lacs verts

    l’aube dans ses cheveux.

     

     

    "Nuages" de Django Reinhardt


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