Andrée Chedid, en avril 2010. Photo : Stéphane Béchaud / Opale / Flammarion J’ai traversé le Rien Aux jours de mon enfance Déchiffrant la mort En nos corps d’argile Et de brièveté J’ai récusé l’orgueil Disloqué les triomphes Dévoilé notre escale Et sa...
ne plus tricher ne pas penser à l'ombre terne au dernier souffle ni aux graviers dans les allées non juste marcher d'un pas plus long pour arriver tout feu tout flamme dans la lumière équilibrée endimanchée oui endimanchée comme un premier communiant...
Si tu étais le ciel je grimperais à l'échelle et je décrocherais tes étoiles. Si tu étais l'étoile je serais la nuit la plus noire pour que tu puisses y briller. Si tu étais la nuit je serais la lune ronde et folle entre les nuages incertains. Si tu étais...
Maitre absolu du silence je me tais je me terre dans mes évidences je joue avec ma peau mal fagotée qui froidement craquelle dans l'aventure -pas téméraire la garce- je laisse les forts en gueule occuper l'espace des autres oui je me tais je me terre...
Il y aurait sur la table quelques éclats de lumière. Nous serions assis tous les deux l'un en face de l'autre. Nos yeux accrocheraient les pétales des roses que je t'aurais cueillies dans la brume du matin. Nous habiterions la même transparence. Sans...
Le silence était blanc et marchait sur la neige mon esprit voltigeait au milieu des flocons rien d'autre à faire que rester sur cette chaise guetter le temps passant au creux de l'horizon. Mes yeux se sont fermés emportant la fenêtre j'ai laissé la froidure...
Par la fenêtre le balancement imperceptible de la feuille de noisetier qui hésite encore à rejoindre ses sœurs mortes sur l'herbe gorgée de pluie. En nous le ronronnement régulier des souvenirs, barbouillis monotone de la mémoire pour occuper nos silences...
Voilà. Il faut dire « voilà » quand quelque chose est terminé. Je ne sais pas si quelque chose se termine, là, maintenant ; mais, voilà, je dis voilà comme sur France Culture lorsqu’un artiste est interrogé sur son œuvre. Toujours ils veulent savoir les...
Un jour j'écrirai un poème qui aura pour titre lumière consolée ou soleil bleu ... peu importe ! Il y aura des chaises endormies dans la nuit à l'écoute la lumière aura perdu ses ombres. Nous serons sans parole nos mains caresseront les pages de cahiers...
Une nuit j'écrirai un poème qui aura pour titre remue-méninges ou ménage... ou manège ... peu importe ! Il fera un temps d'oiseau sans plume un temps de plomb. J'aurai, lourds sur l'épaule deux ou trois mots sauvages et dévergondés gambadant tels bouillants...