Je vous parle...
Je vous parle d’Aznavour (Shahnourh Varinag Aznavourian)
de Tristan Tzara, de Zinedine Zidane, de Fernando Arrabal,
de Tahar Ben Jelloun, de Tcheky Kario, de Rachid Taha,
de Django Reinhardt, de Leïla Slimani.
Je vous parle de tous ces français avec des noms étranges
de la dernière chronique de François Morel sur France inter
et d’Annie Cordy (Léonie Cooreman) qui n’est pas encore morte.
Je vous parle de tout ce qui se mélange
des courants d’air entre deux portes
des douces chaleurs de l’automne
des dernières guêpes dans nos assiettes.
Je vous parle de ce qui va trop vite ou trop lentement
de l’orgueil des hommes et de l’étonnement des enfants
du mystère imperceptible de la vie.
Je vous parle des amours impossibles
des seigneurs de la guerre
de mes parents et de mes amis sous la terre
de la rougeur d’un soir d’octobre
d’un ciel rempli de trainées d’avions.
Je vous parle des histoires oubliées
de la belle et la bête
de Blanche Neige et de son nain très enrhumé
de la tristesse de Chopin
et de la chevauchée des Valkyries.
Je vous parle de la nature sacrifiée
des couleuvres avalées par Nicolas
du cri de la hulotte sur le toit de la grange
de celles et ceux qui arrivent au pouvoir et s’en délectent.
Je vous parle du crépuscule des dieux.
Je vous parle de celui qui grimpe avec audace
mais qui n’arrive jamais au sommet
je vous parle de celui qui cherche désespérément l’ascenseur prétendument social
et qui dégringole plus bas que terre
persuadé que tout est de sa faute, de sa très grande faute
et c’est pourquoi il supplie la toujours Vierge, les Michel, Gabriel et Raphaël ainsi que tous les saints sacrés, de le conduire à la vie éternelle.
Je vous parle de ceux qui disent « Amen » à tout et à n’importe quoi.
Pour accompagner la lecture :
"La marseillaise" de Stéphane Grappelli et Django Reinhardt