• Le vieux chêne

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans un coin perdu de son enfance, il distingue l’arbre qui a donné son nom au village, avec ses rameaux tordus caressant la boue d'un chemin. Il voit les gros chevaux de trait remontant de la mare en lâchant quelques pets sonores. Il constate qu’il ne reste plus rien de la maison où il est né; Rien ! Que du terrain aplani pour les engins agricoles. Plus de trace ! Et pourtant il est passé ici, il y a même fait ses premiers pas. Il repense à ce mot « passage » quand on sent l’âge avancer pas à pas, quand on quitte le « pas sage » pour aller au « trop sage », quand on quitte l’enfance, l'enfance et ses peurs secrètes qui demeurent longtemps sous la peau des années. Au loin, très loin, il aperçoit le vieux chêne. Il est persuadé que, dès sa naissance, son regard s’est accroché aux arbres. Comme eux, il lève les bras vers le ciel, vers l’infini, le vrai mystère.

     


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