• Je marche

    Je marche

     

     

     

     

     

     

     

     

    Longue plage de sable blanc.

    je marche

    un pied dans mes traces

    l’autre juste à côté

    le vent me pousse

    j’écarte les bras

    je souffle et chante avec les vagues

    je guette le silence infime

    quand elles arrivent

    tout au bout de leur écume.

     

    Je ferme les yeux

    je marche

    dans le souvenir de mes pas à venir

    vers un nouveau monde inventé

    je suis l’eau, le sable et le vent

    je suis le nuage sur l’écorce du ciel.

     

    Le temps qui passe me chatouille les orteils

    la lune me mange dans la main.

     

    Je marche

    au rythme de mes pensées.

     

    Des mots inconnus cherchent leur chemin

    dans le désordre alphabétique

    ils ont mis leur manteau d’arlequin

    ils sont beaux

    je ne les avais jamais entendu

    sont-ils wolof, gascon ou mooré

    quechua, picard ou aztèque ?

     

    Ils me donnent à voir, à entendre…

    la chanson de la mésange et de l’aubépine

    la route qui fume au premier soleil

    le vélo posé au bord du fossé

    l’écho accroché aux pentes de la montagne

    l’éclaboussement d’un rire d’enfant

    la balade pieds nus dans la rosée du matin

    le frémissement d’un rêve

    derrière le rideau de la nuit.

     

    Je marche

    piétinant mes inquiétudes.

     

    Sous un porche deux amants s’embrassent

    à l’abri de l’orage

    ils ne voient pas l’homme

    assis sur des cartons.

     

    Même s’il fait un temps

    à pencher du mauvais côté

    et à se regarder de travers

    je marche

    sous une pluie vivante

    cueillant des paroles abandonnées

    dans une saison obscure

    par tous les invisibles

    ceux qui ont quelque chose à dire

    en plus de leur silence.

     

    Je n’ai pas encore la force de l’oiseau

    quand il fait éclater son chant ensoleillé

    mais je veux entremêler tous les regards

    avancer vers un monde nouveau

    avec douceur et colère

    rage et impatience.

     

    Nous avons les mêmes étoiles

    sur la peau

    il est grand temps

    de partager nos lumières.

     


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